Alerte au confinement des volailles !

Les volailles bio et label, désormais élevées en claustration au moins 6 mois par an ????

Vous en pensez quoi ?

Pour nous c’est non !

Face au risque, (réel, mais qui ne touche que les volailles) d’une nouvelle épidémie de grippe aviaire, le gouvernement vient de décidé, à partir du 5 novembre la claustration (ou mise à l’abri, ça fait plus doux) de toutes les volailles, sur tout le territoire Français,

Ou comment notre gouvernement laisse les commandes de l’agriculture à la Fnsea, et aux industriels,

Dans toute crise, il faut des coupables. Dans le cas de la grippe aviaire, l’élevage plein, est le bouc émissaire tout trouvé, avec les oiseaux migrateurs, comme vecteurs du virus.

Des cas de grippe aviaire ont été trouvés dans la faune sauvage, en fin d’été.

Mais, tout récemment, dans des très gros élevages aux Pays Bas, Danemark, Italie, et surtout Allemagne, ça semble être l’explosion du virus H5N1.

Et, comme la période des migrations commence, le gouvernement a choisi d’ouvrir le parapluie de précaution tout grand : tous aux abris ! et pour tout le monde !

Pour l’élevage industriel, pas beaucoup de changement : renforcement de l’hygiène et des désinfections.

Mais nous imposer la même sanction a des conséquences tout autres pour nous :

Tout notre système d’élevage en bio repose sur le renforcement des défenses immunitaires de nos animaux. Et pour ça, l’accès aux parcours extérieurs la majeure partie de leur vie est essentiel.

– De vastes parcours (4 M², minimum dans le cahier des charges bio, 10 M² minimum, chez nous) contre la concentration de l’élevage.

– De véritables aires d’exercice physique, sur des parcours aménagés, et boisés, mais surtout une complémentation alimentaire (verdure et vitamines, insectes, vers de terre, minéraux…)

– Et, le bien être des volailles est évident, avec aussi un bâtiment confortable, avec aliment et eau d’abreuvement à l’intérieur.

Nous imposer le confinement représente tout bonnement la négation de notre métier.

Et, scandale supplémentaire, l’étiquetage des volailles, ou œufs n’en sera pas modifié.

Malgré le fait que des volailles ne seraient jamais sorties dehors les mentions plein air ou liberté ne seraient pas retirées.

L’explication en est que puisque c’est « « un cas de force majeure », décidé par l’État, il s’impose face au cahier des charges, ou autres chartes.

Depuis le début de l’année, où de telles mesures sont en discussion, nous avons sans cesse dit notre opposition :

– au sein des instances professionnelles : interpro, où Jean-Paul siège, comme représentant de la Confédération Paysanne,

– dans les groupes de travail gérés par le ministère,

– et directement, par de nombreuses rencontres avec le ministère de l’agriculture (Dgal)

Si, au sein de l’interprofession, c’est le rapport de force où nous sommes ultra minoritaires ; Avec le ministère, nos échanges sont respectueux, et nous laissaient augurer une vraie prise en compte des spécificités de l’élevage paysan, de plein air !

Aussi, c’est la douche froide, et la colère quand la nouvelle du confinement obligatoire est tombée.

C’est vraiment le rouleau compresseur de l’agriculture industriel qui veut imposer son monde, ses conceptions, et ses normes.

Nous faisons appelle aux consommateurs, aux citoyens, et aux politiques, pour réagir, avec nous.

Nous sommes engagés, ensemble pour une alimentation de qualité, et qui a du sens. Nous développons toute une économie, répartie sur tout le territoire Français. Et toutes ces fermes, souvent modestes, mises ensemble représente un poids économique, et social considérable.

Avec détermination, nous entendons persévérer à exiger le respect du contrat de confiance entre les producteurs bio et les consommateurs.

Nous ne nions pas la réalité, nous voulons la regarder en face, et sommes évidemment prêts à des aménagements, comme nous l’avons toujours fait ; mais pas un couteau sous la gorge !